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SYNPA,
66 rue de la Boétie
75008 PARIS


SYNPA INFOS
SYNPA INFOS N°10

Syndicat national des producteurs d'additifs et d'ingrédients de la chaîne alimentaire

Janvier-Février-Mars 2008

 

EDITORIAL

 

Dès sa création, le SYNPA a exprimé une double identité Alimentation Humaine et Alimentation Animale, unique en Europe. Aujourd’hui, à l’aube de ses 40 ans, le SYNPA veut mettre en avant la spécificité du métier de ses adhérents : des professionnels inscrits dans la chaîne alimentaire et dans une relation Business to Business.

 

Le SYNPA est bel et bien tourné vers l’avenir, comme le montre le déménagement en février dans de nouveaux locaux, adaptés à l’organisation mise en place depuis octobre, au 66 rue La Boétie (8e), dans la Maison de la Meunerie.

 

Dans ce 10e numéro du SYNPA Infos, nous vous proposons deux sujets liés à la sécurité des additifs alimentaires.

Le premier, pour faire le point sur les conclusions d’une étude britannique qui a remis en cause la sécurité de certains additifs utilisés en alimentation humaine. Nous verrons l’importance d’une évaluation scientifique européenne pour mettre en perspective les études menées par des chercheurs nationaux et apporter un avis indépendant et collégial aux Etats membres et à la Commission européenne.   

Le second sujet porte sur la démarche des professionnels européens de l’alimentation animale, qui ont été à l’initiative du  guide FAMI-QS, guide de bonnes pratiques pour les additifs et prémélanges de l’alimentation animale. Reconnu depuis un an par la Commission européenne et les Etats membres, il vient d’être traduit en français. La mise en œuvre des bonnes pratiques fait l’objet de contrôles par un organisme certificateur. 

 

 

Bonne lecture,

 

Catherine Mignot

 

Présidente du SYNPA.

 

 

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DOSSIERS

Alimentation Humaine

 

Etude de Southampton :

Que dit l’étude anglaise ? Que disent les experts scientifiques européens ?

 

L’étude du Lancet : quels additifs ? Quels enfants ?

L’étude, publiée par le Lancet en septembre 2007, a porté sur l’influence sur l’hyperactivité des enfants de deux mélanges d’additifs alimentaires comparés (mélanges A, B) à un jus de fruit et sur deux classes d’âge : 3 ans (153 enfants) et 8-9 ans (144 enfants).

Le mélange A contient les colorants E 102, E124, E110, E122 et un conservateur, le benzoate de sodium.

Le mélange B contient les colorants E110, E 122, E104, E129 et un conservateur, le benzoate de sodium.

 
L’étude du Lancet : à quoi correspondent les quantités de colorants dans les mélanges ?

D’après les auteurs, la quantité de colorants du mélange B reflète, pour les enfants de 8-9 ans, la quantité de colorants qu’un enfant anglais de cet âge consomme d’habitude en une journée.

Les quantités de colorants correspondent pour les enfants de 3 ans à la consommation de 2 sachets de 56 g de confiserie par jour.

Pour les enfants de 8-9 ans, le mélange correspond à la quantité de colorants de 2 sachets de 56 g de confiserie, et le mélange B à 4 sachets de 56 g de confiserie.

 
L’étude du Lancet : qu’est-ce qu’ont consommé les enfants ?

Chaque jour pendant 7 semaines, les enfants ont bu soit le mélange A, soit le mélange B, soit un jus de fruits. Les enfants de 3 ans devaient boire chaque jour 300 ml, et les 8-9 ans 625 ml.

 
Etude du Lancet : comment est mesurée l’hyperactivité ?

Le comportement et l’attention des enfants ont été notés par: les parents, les enseignants et des observateurs indépendants en classe.

En outre, l’attention des enfants de 8-9 ans a été évaluée par un test informatique.

Ces quatre mesures de l’attention et du comportement des enfants ont donné lieu à un « score global d’hyperactivité ».

 
L’étude du Lancet : des résultats différents selon le mélange et selon l’âge des enfants

Le mélange A augmente légèrement, mais de façon significative, le score global d’hyperactivité pour les enfants de 3 ans, mais pas celui des enfants de 8-9 ans.

Le mélange B n’a pas d’effet sur le score global d’hyperactivité des enfants de 3 ans, mais augmente de façon significative celui des enfants de 8-9 ans.

Les augmentations du score global demeurent faibles, de 12 à 20%.

 

La contre-analyse de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA)

La Commission européenne a dès septembre 2007 souhaité recueillir l’avis des instances scientifiques afin de faire le point sur ce sujet très sensible, répondre aux inquiétudes suscitées par cette étude chez les consommateurs anglais et décider d’éventuelles mesures de modifications de la réglementation, pour le cas échéant modifier l’autorisation, voire la suspendre.

 

Le Panel d’experts indépendants de l’autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) – incluant plusieurs scientifiques français – a rendu ses conclusions en avril 2008 après une contre analyse détaillée des résultats de cette étude. Les conclusions sont disponibles sur le site de l’Autorité européenne de sécurité des aliments :  http://www.efsa.europa.eu/EFSA/Scientific_Opinion/afc_ej660_McCann_study_op_en.pdf

 

L’AESA met en évidence des biais dans la méthodologie des chercheurs britanniques.

L’Autorité européenne démontre des biais liés au protocole utilisé par les chercheurs britanniques :

-          seuls des mélanges étaient testés ce qui ne permet pas de connaître le rôle exact des colorants concernés et du conservateur. 

-          le moment de consommation de la boisson était laissé au libre choix des enfants.

-          le score global d’hyperactivité était calculé à partir de quatre évaluations différentes (notation des parents, notation des professeurs, notation d’un observateur, et test à l’ordinateur), seule l’évaluation réalisée par les parents montrait, dans certains cas, une augmentation.

 

Par ailleurs, les résultats ne sont pas cohérents suivant les groupes d’âge concernés.

Enfin, l’étude anglaise, menée sur un nombre restreint d’enfants (moins de 300 au total), ne permet pas de conclure sur la significativité des observations à l’échelle de la population.

 

Une nouvelle analyse des données brutes

L’AESA a procédé à de nouvelles analyses statistiques à partir des données brutes. En particulier, des analyses ont été réalisées de manière à supprimer le biais de la notation parentale.

Ainsi, les modalités d’analyse des données collectées peuvent modifier en partie les résultats, et donc les conclusions d’une étude.

 

L’AESA indique que « l’interprétation des effets observés reste également incertaine car on ne sait pas si les altérations minimes décelées dans l’attention et l’activité interfèreraient avec le travail scolaire et d’autres fonctions intellectuelles. »

L’étude anglaise ne permet donc pas d’expliquer un lien de cause à effet entre les effets observés et la consommation des mélanges d’additifs testés.

 

Une conclusion rassurante pour le consommateur

L’AESA estime que « cette étude apporte des éléments limités en faveur d’un effet faible et statistiquement significatif de ces mélanges sur l’activité et l’attention de quelques enfants sélectionnés dans la population générale, bien que ces effets n’aient pas été observés pour tous les enfants dans tous les groupes d’âge et de façon cohérente entre les deux mélanges.

Les résultats pourraient toutefois être pertinents pour des individus spécifiques de la population, montrant une sensibilité aux additifs alimentaires en général ou aux colorants en particulier. »

 

Les experts de l’AESA concluent que les données de l’étude de Southampton ne peuvent servir de base scientifique pour modifier la dose journalière admissible (DJA) des colorants concernés et du benzoate de sodium. En conséquence, l’AESA considère qu’il n’y a pas lieu de modifier les autorisations actuelles des différents colorants et du conservateur testés.

 

 

Des études complémentaires sont nécessaires pour répondre aux interrogations soulevées par l’étude.

 

 

 

 

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Alimentation Animale

 

FAMI-QS :

Un système de qualité et de sécurité intégré, reconnu par les autorités européennes, pour améliorer la protection des consommateurs dans tous les pays de l’Union européenne.

 

 

La réglementation européenne sur l’hygiène des aliments pour animaux vise à obtenir en Europe le plus haut degré de protection des consommateurs (règlement 183/2005).

Pour cela, elle encourage la mise en place de guides de bonnes pratiques par les différents métiers, de la ferme à la fourchette, ainsi que la mise en place de procédures HACCP (système d’analyse des dangers - points critiques pour leur maîtrise).

 

L’Europe préfère donc un système qui incite les producteurs, réunis en associations ou en syndicats professionnels, à décrire noir sur blanc leurs engagements en matière de procédures de qualité et de contrôles.

Il s’agit d’une véritable démarche de co-responsabilité entre les autorités européennes et les professionnels.

 

 

Le monde des additifs pour l’alimentation animale s’est tout de suite senti concerné, en adhérant très vite à la démarche.

Dès 2004, l’association européenne des producteurs d’additifs et de prémélanges (FEFANA) rédigeait son guide de bonnes pratiques, véritable système de qualité et de sécurité intégré.

Moins d’un an après, fin 2004, les premières entreprises obtenaient leur première certification.

 

En mai 2006, le SYNPA a organisé à Paris une session de formation sur le Code européen FAMI QS à laquelle participaient des représentants de l'Administration, des professionnels et des journalistes. Cette réunion visait à présenter la démarche du Code et à expliquer sa place parmi les différents systèmes de la chaîne alimentaire.

 

 

Conformément à la procédure, ce guide de bonnes pratiques a d’abord été mis en ligne sur le site de la DG Sanco pour une enquête publique avant d’obtenir officiellement l’agrément des autorités européennes, le 29 janvier 2007.

 

Le FAMI-QS (EU Feed Aditives and Premixtures Quality System) est aujourd’hui l’un des trois guides de bonnes pratiques reconnus par la Commission européenne avec le guide de la FEFAC : l’EFMC (European Feed Manufacturers’ Guide, pour la production d’aliments composés pour animaux) et le guide de la FEDIAF (pour la production des aliments pour animaux familiers).

 

Au-delà de l’assurance que les procédures de qualité et de sécurité sont harmonisées au niveau de l’ensemble du marché européen, tout guide de bonnes pratiques européen facilite les contrôles au niveau de chaque pays.

 

 

« L’application du guide a pour but de garantir la sécurité des additifs et des prémélanges pour l’alimentation animale, le fonctionnement du secteur conformément aux exigences européennes en matière d’hygiène des aliments pour animaux et une meilleure traçabilité. Le guide s’applique également aux importations en provenance de Pays Tiers d’additifs et de prémélanges pour l’alimentation animale » détaille l’introduction de ses 126 pages.

 

Outre l’ensemble des textes européens voire, plus largement, ceux du Codex Alimentarius (en matière d’HACCP), le guide s’appuie sur la structure de la norme Iso 9001 (version 2000) : il permet ainsi une plus grande cohérence des pratiques sur le terrain.

 

Le texte fixe les exigences générales. Il est ensuite utilisé par chaque entreprise pour développer ses propres procédures qui, naturellement diffèrent d’un fabricant à l’autre en raison des spécificités de chacun, des produits fabriqués aux dispositions des sites de production.

 

 

L’association FAMI-QS est chargée du fonctionnement et de la gestion du Code, un système de certifications indépendantes, sur la base du volontariat, reconnu par les opérateurs en aval de la chaîne logistique : les producteurs d’additifs et de prémélanges pour l’alimentation animale sont donc bien intégrés à toute la chaîne de production.

 

 

Le guide et ses annexes feront l’objet d’une révision périodique en cas d’évolution technologique, scientifique et législative pertinente ou de changement statutaire au sein du secteur.

La Commission Européenne sera informée de toute modification.

 

 

Le guide FAMI-QS est disponible en français sur le site :

http://www.fami-qs.org/FR_EU%20Guide%20V2%20final.pdf