Les additifs à vocation nutritionnelle et zootechnique servent à équilibrer les rations des animaux en leur fournissant en quantité suffisante les nutriments essentiels dont ils ont besoin et, permettant d'en améliorer l'assimilation, contribuent au confort digestif des animaux.
Les additifs technologiques améliorent la conservation des aliments, leur présentation, leur texture et leur goût.
La législation prévoit au total 15 catégories d'additifs en alimentation animale. Différents additifs alimentaires peuvent avoir la même fonction, mais chaque additif présente des caractéristiques et des performances différentes. Le choix d'un additif en alimentation animale est gouverné par les caractéristiques de l'additif, par la nature et la fonction de l'aliment et de son procédé de fabrication (granulé, poudre, etc.) et par l'espèce animale considérée.
Les additifs en alimentation animale permettent de mieux produire en fonction des conditions diverses d'élevage des produits sains, offrant une sécurité maximale et qui satisfasse les goûts.
Intégrés aux rations des animaux en très faible quantité, les additifs sont donnés à des animaux sains pour qu'ils restent sains.
Avant d'être autorisés, les additifs utilisés en alimentation animale doivent satisfaire à des normes sévères de sécurité pour l’animal, pour le consommateur, et pour l’environnement. Leur sécurité est évaluée par des comités d'experts scientifiques compétents et indépendants sur la base d'études scientifiques approfondies apportant la preuve de leur innocuité, leur utilité et leur efficacité.
Il existe dans l'intestin des milliards de bactéries "commensales" qui, s'alimentant sur l'hôte qui les héberge, entrent en concurrence avec ce dernier. Non seulement ce qu'elles mangent contribue à leur prolifération mais réduit du même coup la quantité de nutriments disponibles pour l'animal. Les antibiotiques régulateurs de flore contribuent à maintenir un équilibre entre la flore digestive existante et d'éventuelles bactéries pathogènes.
Utilisés à très faible dose, à raison de quelques grammes par tonne d'aliment (en moyenne 0,003 % de l'aliment), les ARF sont donnés à des animaux sains pour qu'ils restent en bonne santé.
Ne pouvant avoir aucun rôle thérapeutique, les ARF autorisés ne sont ni des médicaments vétérinaires ni des hormones de croissance, ni des facteurs de croissance. Ils n'ont aucun lien de parenté moléculaire avec des médicaments utilisés en médecine humaine ou vétérinaire. De ce fait, le risque d'aboutir à une éventuelle antibiorésistance à un antibiotique d'usage humain est quasi nul.
Les ARF autorisés n'ont pas d'action "dopante", ils contribuent au maintien des capacités physiologiques de l'animal favorisant ainsi son développement normal et équilibré.
- Il doit faire la preuve de son innocuité.
- Il doit justifier de son utilité, celle-ci étant appréciée au regard des solutions dont disposent déjà les utilisateurs.
- Son emploi ne doit pas induire le consommateur en erreur.
Faire la preuve de son innocuité signifie faire l'objet d'une évaluation toxicologique approfondie. De nombreux essais de toxicité (toxicité aiguë, toxicité à court terme, toxicité à long terme, études d'absorption et de digestion) sont effectués.
Ces données toxicologiques sont examinées par le Comité Scientifique de l'Alimentation Humaine (CSAH) qui rend son avis sur les différents aspects de la sécurité alimentaire. Le CSAH est une instance scientifique européenne créée en 1974 et composée d'une vingtaine de scientifiques européens dont la compétence et l'indépendance sont incontestées. Son avis est essentiel dans le processus décisionnel d'autorisation des additifs alimentaires. Le CSAH est désormais intégré à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) instituée par le règlement du 28 janvier 2002. L’AESA a pour mission essentielle de fournir une aide et des avis scientifiques indépendants sur des questions de sécurité alimentaire et de créer un réseau en vue d’une coopération étroite avec des organes analogues dans les Etats membres.
Lorsque c'est utile, une Dose Journalière Admissible (DJA) chiffrée est déterminée à partir de la dose sans effet à long terme, sur l'animal divisée par un facteur de sécurité généralement de 100. Le chiffre de la DJA, exprimé en milligramme d'additif par kilogramme de poids corporel, permet d'avoir une idée de la dose qui peut être ingérée chaque jour par un homme, pendant toute sa vie, sans produire d'effet néfaste sur sa santé. La DJA est établie soit par le CSAH soit par un Comité d'experts internationaux : le JECFA (Comité Joint d’Experts sur les Additifs alimentaires) qui dépend de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et l’Agriculture). Il est important de souligner que la DJA ne constitue pas un seuil de toxicité. Elle représente un niveau de consommation sans danger.
Un autre point est celui de la pureté de l'additif. Il existe des normes établies par le JECFA et par la Commission européenne qui décrivent les additifs alimentaires, précisent leurs synonymes, leurs caractéristiques physico-chimiques ainsi que les doses limites pour les impuretés et les contaminants : il s'agit des directives relatives aux critères de pureté des additifs alimentaires.
Les additifs sont-ils réellement utiles ?
En plus de ne pas présenter de danger pour la santé humaine, un additif alimentaire doit justifier de son utilité avant d'être autorisé.
Sans les additifs, de nombreux aliments quotidiens ne seraient pas sur le marché. En effet, sans les conservateurs par exemple, beaucoup d'aliments ne pourraient plus être fabriqués ou transportés en grande quantité parce qu'ils se dégraderaient plus rapidement. Sans les émulsifiants, épaississants, gélifiants, certains plats préparés, desserts ou pâtisseries n'auraient jamais pu voir le jour.
En contribuant à la qualité hygiénique des aliments, à leur qualité organoleptique (saveur, couleur, odeur, texture) et à leur qualité nutritionnelle, les additifs permettent de disposer d'aliments sains, variés et pratiques, en toute saison et à coût modéré.
Rappelons que la législation prévoit une liste de denrées alimentaires dans lesquelles les additifs ne peuvent être utilisés dans la mesure où leur emploi ne se justifie pas (p.e. denrées non transformées, beurre, lait, eau minérale naturelle, etc.).
Avons-nous besoin de tant d'additifs ?
Le terme "additif" recouvre un nombre de substances remplissant chacune une fonction précise. Certains garantissent la qualité hygiénique et la valeur nutritionnelle de la denrée alimentaire, d'autres améliorent le goût, la texture et l'aspect des aliments.
Les conservateurs, par exemple, empêchent la dégradation des aliments en inhibant le développement des bactéries. Les antioxygènes protègent contre le rancissement les produits renfermant des graisses. Les stabilisants, épaississants et gélifiants maintiennent la consistance et la texture des aliments. D'autres catégories existent : les émulsifiants, les acidifiants, les exhausteurs de goût, les édulcorants et les colorants, etc. La législation prévoit au total 24 catégories d'additifs alimentaires.
Le grand nombre apparent d'additifs alimentaires présente deux intérêts :
* Le premier est de pouvoir utiliser l'additif le mieux adapté à la fabrication d’une denrée alimentaire donnée. Ainsi, certains conservateurs agissent de façon optimale en milieu acide, d'autres en milieu peu acide. Certains antioxygènes sont efficaces dans les graisses animales, d'autres dans les graisses végétales. Certains additifs alimentaires agissent mieux en synergie.
* Le deuxième intérêt est que la grande diversité des additifs alimentaires conduit à une consommation relativement faible de chacun des additifs, alors que l'utilisation d'un petit nombre d'additifs pourrait conduire à un éventuel cumul des doses d'un même additif.